Se réinventer : les apprentissages de la pandémie sur les organisations

La sortie de la crise vécue ce printemps s’est amorcée au mois de mai avec le déconfinement progressif annoncé par le gouvernement. Tout comme la situation exceptionnelle que nous avons traversée, les présentes semaines sont critiques. Critiques, puisque le poids qui repose sur chacune des organisations en termes de planification, de gestion et d’intégration des différentes consignes sanitaires demeure fastidieux, et ce, dans un souci constant de ces acteurs principaux qui incarnent le quotidien de nos organisations. 

Depuis la déclaration de l’État d’urgence sanitaire en mars dernier, certaines entreprises se sont vues dans l’obligation de fermer, d’autre de laisser quitter des employés pour se concentrer que sur les services essentiels. En 19871, la plus haute instance judiciaire du pays rappelait que le travail est l’un des aspects les plus fondamentaux de la vie d’une personne, un moyen de subvenir à ses besoins financiers et, ce qui est tout aussi important, de jouer un rôle utile dans la société. L’emploi est une composante essentielle du sens de l’identité d’une personne, de sa valorisation et de son bien-être sur le plan émotionnel. C’est pourquoi, les conditions dans lesquelles une personne travaille sont très importantes pour ce qui est de façonner l’ensemble des aspects psychologiques, émotionnels et physiques de sa dignité et du respect qu’elle a d’elle-même.

Il n’est donc pas anodin aujourd’hui, à la suite de sondages réalisés2 par Angus Reid pour la firme ADP Canada, que ces résultats nous indiquent que :

  • Les travailleurs de première ligne du Québec se sentent moins en sécurité au travail : 63 % par rapport à la moyenne nationale de 75 % font cette affirmation;
  • 41 % des travailleurs salariés ont déclaré qu’ils recherchaient ou pourraient rechercher un nouvel emploi au cours de l’année à venir.

Les raisons identifiées sont les suivantes :

  • 16% des employés affirment que la manière dont leur employeur a fait face à la pandémie a entraîné une baisse de leur sentiment de loyauté.
  • 13% affirment qu’ils se sentent prêts de retourner sur leur lieu de travail, mais ne croient pas que leur employeur va prendre les mesures nécessaires pour garantir leur sécurité.

Devant ces faits, et se rappelant que nous devons assurer un milieu où la personne est en mesure de se développer sous tous ses aspects, dans son bien-être psychique et physique, les employeurs doivent porter une attention particulière aux moyens qu’ils mettront en place et qu’ils maintiendront tout au long de ce retour en ayant au centre de leurs décisions l’employé. Mieux encore, la concertation, avec ceux-ci, permet d’assurer une cohésion autour des décisions prises.

1 : Renvoi relatif à la Public Service Employee Relations Act,  1987 CanLII 88 (CSC), [1987] 1 R.C.S. 313 à la page 368)

2 : https://www.adp.ca/fr-ca/ressources/articles-et-perspectives/articles/m/la-plupart-des-canadiens-se-sentent-en-securite-pendant-la-crise-liee-a-la-covid-19.aspx et https://www.adp.ca/fr-ca/ressources/articles-et-perspectives/articles/h/la-covid-19-a-t-elle-augmente-la-loyaute-des-travailleurs-canadiens-envers-leur-employeur.aspx

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